La chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique

La chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique

La Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique des francophones d’Amérique du Nord poursuit quatre objectifs.

 

1. Théoriser le sens et les enjeux du concept de patrimoine culturel immatériel qui s’est imposé ces dernières années partout dans le monde comme catégorie du patrimoine ethnologique.

 

Fidèle aux approches développées depuis 2003, la Chaire veut recourir à la notion de métissage pour révéler le caractère dynamique de la construction du patrimoine en mettant l’accent sur le mouvement, les mutations et les mélanges. Si la définition du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO et les recherches et politiques qui s’en inspirent insistent sur sa transmission de génération en génération et sa recréation « en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire », elle ne prend pas en compte les emprunts faits aux autres cultures et leurs diverses formes d’intégration dans la culture d’adoption. Or, cette dynamique d’appropriation est fondamentale à la construction patrimoniale et elle est particulièrement prononcée dans le cas du patrimoine immatériel. Depuis 2003, les études de la Chaire sur le métissage patrimonial ont porté principalement sur le patrimoine matériel (les objets, les sites et les paysages). La Chaire souhaite maintenant traiter des métissages dans la perspective du patrimoine immatériel, d’autant plus que ce patrimoine est très sensible aux emprunts, transferts, transformations et transmutations.

 

2. Nourrir la réflexion sur le fonctionnement du patrimoine immatériel des francophones d’Amérique et les mécanismes de patrimonialisation à partir de recherches historiques (sources écrites et matérielles) et d’enquêtes ethnologiques (sources orales et immatérielles).

 

Pour éclairer ces processus, le deuxième axe de recherche de la Chaire portera sur le rapport entre le patrimoine culturel matériel et immatériel. Plutôt que de séparer l’immatériel et le matériel, et de les mettre en opposition comme on le fait souvent aujourd’hui, nous souhaitons explorer les manières dont les deux sont unis dans une étroite interaction, l’un se construisant par rapport à l’autre. Ce deuxième axe de recherche traitera aussi du patrimoine religieux immatériel et, plus précisément, du rapport entre le culturel et cultuel, entre la sphère laïque et la sphère religieuse, et des transferts de sacralité de l’un à l’autre. Définir ainsi le patrimoine de façon relationnelle offre une conception plus large, variée, riche et dynamique du patrimoine culturel généralement.

 

3. Encadrer les chercheurs, les post-doctorants et les étudiants en leur fournissant :

 

1) un encadrement interdisciplinaire de haut niveau.

2) un forum qui favorise les débats et l’élargissement de nos perspectives de recherche.

3) un lieu propice à la diffusion de travaux (colloques, conférences, ateliers, publications, etc.).

4) un laboratoire muni des meilleures technologies d’enquête ethnologique et de diffusion multimédia qui donne une plus-value à leur formation et qui facilite leur insertion au marché de l’emploi.

 

4. Contribuer à faire de l’Université Laval un pôle international du développement de la sauvegarde, de la mise en valeur, de la transmission et de la diffusion du patrimoine. 

Ce volet recherche appliqué, à l’aide à l’aide de procédés numériques et de technologies de l’information de haute qualité, vise la constitution de bases de données multimédia en ligne, l’élaboration d’encyclopédies numériques très interactives, la création d’expositions virtuelles et de cours très participatifs en ligne, et des applications mobiles (iPhone, iPad, etc.) de visites guidés de sites patrimoniaux, notamment par le Laboratoire d’enquête ethnologique et multimédia (LEEM) en collaboration avec des partenaires publics et privés.